Retour instructif sur l’amerrissage d’un A320 sur le fleuve Hudson.
Tout journaliste digne de ce nom rêvait, dimanche, d’être assis à la place de Katie Courie, présentatrice de l’émission «60 Minutes» de la chaîne CBS. La première, elle a rencontré l’équipage du vol 1549 qui s’est posé sur l’Hudson le 15 janvier. Dans un hangar de US Airways, face à elle, installés à côté d’un A320 luisant comme un sou neuf, dignes, sympathiques, formidablement professionnels, deux hommes, trois femmes.
Le commandant Chesley Sullenberger, tout d’abord, qui s’est empressé de souligner : «we were a team». En d’autres termes, chacun a joué son rôle, impeccablement. D’où l’importance de retenir le nom de ses équipiers, le premier officier Jeffrey Skiles et les trois hôtesses, Sheila Dail, Doreen Welsh et Donna Dent.
On en sait davantage, à présent sur le déroulement de l’accident. Le National Air Transportation Safety Board, la Federal Aviation Administration, US Airways, ont fourni au fil des jours des informations de plus en plus précises, de plus en plus détaillées, tout en rappelant qu’il faudra de 12 à 18 mois pour boucler l’enquête. Mais quelle leçon de transparence, notamment pour la France, toujours coincée en pareilles circonstances dans son pseudo respect du secret de l’instruction !
Sullenberger a souligné que sa première réaction, constatant la perte de puissance des deux moteurs, avait été l’incrédulité.
Ensuite, les échanges radio entre le cockpit et la tour de contrôle ayant été rendus publics (1), on sait désormais de quelle manière les événements se sont déroulés, bien ordonnés et sans nervosité apparente. Tout au plus constate-t-on que le vol 1549 devient par moment, par distraction, le 1539 ou le 1529. C’est le seul détail qui révèle une grande tension.
C’est le commandant qui se charge de la radio, Skiles tentant pour sa part de rendre vie aux moteurs. En quelques secondes, il est successivement question d’un retour en urgence à La Guardia, d’une tentative de rejoindre Teterboro, un terrain proche normalement réservé à l’aviation d’affaires. Le contrôle a arrêté les décollages pour faire place nette, faciliter au maximum le retour précipité et totalement prioritaire de l’A320.
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